Le racisme antimusulman en Suisse : Pas des cas isolés

Les expériences de racisme anti­musulman en Suisse ne sont pas des cas isolés, mais un phénomène large­ment répandu. Ce racisme se manifeste dans tous les domaines de la vie : à l’école, à l’hôpital ou sur le lieu de travail, et il peut avoir des consé­quences profondes pour les personnes concernées.

Asmaa Dehbi et Noemi Trucco05 mars 2025

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Le racisme anti­musulman est systématique­ment présent en Suisse dans des domaines essentiels de la vie.© Pexels

« Tu verras, quand tu seras plus grande, toi aussi on te forcera à mettre le voile ! » – « Retournez dans votre pays, vous n’avez rien à faire ici. » – « Espèce de vilain, salopard arabe, retournes chez toi pour baiser avec tes camarades parasites fascistes, sous-humains, palestiniens, nous n'en voulons plus de vous en Europe, partez. »

Ces trois témoignages sont représentatifs de ce que les per­sonnes musul­manes ou les per­sonnes perçues comme musul­manes vivent régulière­ment en Suisse. Les trois per­sonnes concernées que nous citons ici nous ont fait part de leurs expé­riences dans le cadre d’une étude sur le racisme anti­musulman ou – dans le cas du troisième exemple – sous la forme d’un e-mail.

Il s’agit de la toute première étude de la Confédération sur le racisme anti­musulman. Elle a été réalisée par le Centre Suisse Islam et Société (CSIS) sur mandat du Service de lutte contre le racisme (SLR). Pour cette étude, nous avons mené des entre­tiens avec dix-sept per­sonnes concernées et avons interrogé une trentaine d’expert·es issu·es d’organismes spécialisés, d’admi­nis­trations, d’orga­ni­sations musul­manes et d’universités. De plus, nous avons analysé plus de 200 publi­cations scientifiques.

Le constat est sans appel : les expé­riences de racisme anti­musulman ne sont pas des cas isolés. Ce type de racisme est large­ment répandu et se manifeste dans presque tous les domaines de la vie quotidienne.

Pourtant, ce sujet reste large­ment ignoré par l’opinion publique. Même les actes graves contre des personnes musul­manes ne reçoivent qu’une faible couver­ture médiatique. Qu’il s’agisse de l’attentat contre une mosquée en 2016 ou de l’agression anti­musulmane survenue à Bad Ragaz en 2024, les médias ont soit passé ces événe­ments sous silence, soit présentés ces crimes comme des incidents isolés.

Qu’entend-on par racisme anti­musulman ?

Le racisme anti­musulman présente « l’Occident » et « l’Islam » comme opposés et incom­pa­tibles. Ce schéma rappelle d’autres formes de racisme : une popu­lation est construite comme étant « autre » en raison de sa culture, de sa religion ou de son origine présumée, dans une hiérar­chie implicite qui dépeint les « autres » comme arriérés, fana­tiques religieux, violents, sexistes ou hostiles à la démocratie. L’e-mail de haine cité plus haut illustre de manière frappante comment les per­sonnes musul­manes sont dévalorisées et même déshuma­nisées dans ce processus.

Ce phénomène ne touche pas unique­ment les per­sonnes musul­manes, mais aussi celles perçues comme musul­manes en raison de leur nom, de leur origine ou de leur appa­rence, même si elles n’adhèrent pas à la foi islamique.

Parallèlement, toutes les per­sonnes musul­manes ne sont pas touchées de la même manière par la discri­mi­nation et la violence : celles qui sont perçues comme « claire­ment musul­manes » sont parti­culière­ment concernées – par exemple, parce qu’elles portent un voile ou une longue barbe. Le voile, en particulier, sert souvent de point d’ancrage au racisme et à la discri­mi­nation : « On sait toujours ce que je suis », nous a confié une per­sonne inter­rogée.

L’émergence du racisme anti­musulman est étroite­ment liée à l’histoire coloniale européenne. La théorie la plus importante à ce sujet a été développée dans les années 1970 par Edward Saïd, théoricien américano-palestinien de la littérature, dans son ouvrage L’Orien­ta­lisme. Par ce concept, Saïd désigne le regard européen porté sur l’Asie du Sud-Ouest et l’Afrique du Nord à travers l’art, la littérature et la science.

L’orientalisme – et, par extension, le racisme anti­musulman – remplit deux fonctions : il construit l’ « Orient » comme un miroir contras­tant à l’image que l’Europe se fait d’elle-même. L’Europe est ainsi perçue comme progressiste, démocratique et égalitaire en matière de genre, tandis que l’ « Orient » est présenté comme arriéré, anti­démocratique et dis­cri­mi­natoire en matière de genre.

Cette image stéréo­typée est projetée sur les per­sonnes musul­manes et sert de justifi­cation à leur dis­cri­mi­nation. On leur dénie l’appar­tenance à la société majoritaire et on leur complique, voire empêche, l’accès à des sphères essen­tielles de la vie sociale.

Un exemple subtil se trouve dans le message du Conseil fédéral relatif à l’initiative sur l’inter­diction de se dissimuler le visage en 2021. Il yest écrit que le port du voile peut relever du libre choix d’une per­sonne – par exemple dans le cas de Suissesses converties. En attribuant explicite­ment la liberté de choix aux seules Suissesses converties, le Conseil fédéral renforce implicite­ment l’image décrite plus haut : toutes les autres musul­manes qui portent un voile ne feraient donc par un choix libre, mais y seraient contraintes.

Cet exemple montre comment les débats politiques et médiatiques en Suisse s’inscrivent dans des repré­sen­ta­tions héritées du colonia­lisme. En particulier, les débats autour de l’initiative sur l’inter­diction des minarets de 2009 ont grande­ment contribué à ce que l’opinion publique considère les per­sonnes musul­manes comme un problème.

Les discussions portent plus souvent sur les per­sonnes musul­manes, au lieu de s’engager dans un dialogue avec elles. En fin de compte, selon cette repré­sen­tation, les musul­man·es seraient extra-européens, étrangers et donc « autres ». Le racisme anti­musulman s’inscrit ainsi dans les divers récits de « sur­popu­lation étrangère » qui existent depuis long­temps en Suisse : contre les per­sonnes juives, les communistes et les travailleur·euses immigré·es.

Une caractéristique spécifique du racisme anti­musulman est qu’il se présente souvent sous la forme d’un récit de menace. Une étude commandée par la Com­mis­sion fédérale contre le racisme a révélé qu’en 2017, un article de presse sur deux consacré à l’islam et aux per­sonnes musul­manes traitait des thèmes de la radica­li­sation et du terro­risme. Cela construit l’image des per­sonnes musul­manes comme un risque pour la sécurité. Ainsi, l’une des per­sonnes que nous avons inter­rogées témoigne : « On m’insulte d’être terroriste ».

Les personnes musul­manes sont placées sous un soupçon généralisé, alors que la pré­somp­tion d’innocence prévaut pour la majorité de la société. Le récit de la menace sert de justifi­cation et conduit à la normali­sation du racisme anti­musulman. En arrière-plan subsiste l’idée implicite que la dis­crimi­nation à l’encontre des per­sonnes musul­manes serait, d’une certaine manière, justifiée.

Il n’est donc pas sur­prenant que, selon l’Office fédéral de la statistique, près de 35% des per­sonnes musul­manes de Suisse déclarent avoir été victimes de dis­cri­mi­nation raciale. Le chiffre réel est probable­ment bien plus élevé. Toutes les per­sonnes que nous avons inter­rogées ont rapporté avoir été confrontées à des actes de racisme à plusieurs reprises et dans des situations quoti­diennes variées. Nous ne leur avons pas spécifique­ment posé des questions sur les domaines de vie concernés, mais nous les avons identifiés à partir des entre­tiens enregistrés et transcris.

Le racisme anti­musulman dans le système éducatif suisse

Dans les écoles, les jardins d’enfants ou les universités, le racisme anti­musulman semble être large­ment répandu. Toutes les per­sonnes inter­rogées ont rapporté avoir vécu des situations racistes dans le système éducatif : que ce soit dans leur par­cours scolaire ou universitaire actuel, dans leur passé ou à travers l’expé­rience de leurs enfants. Cependant, il n’existe pas d’études appro­fon­dies qui analysent systématique­ment ce phénomène.

Une telle documen­tation serait pourtant essentielle, car le racisme dans le système éducatif est haute­ment problé­matique et peut avoir des consé­quences consi­dé­rables pour les per­sonnes concernées. Par exemple, lorsque des enseig­nant·es évaluent leurs élèves à un niveau de perfor­mance inférieur, attendent moins d’elles et eux que des autres et, par conséquent, les encouragent moins à fournir de bonnes prestations. Un témoignage illustre cette situation : « Le professeur a dit :  Dans la mesure où l’allemand n’est pas votre langue mater­nelle, je serais déjà satisfait si vous obteniez un 4  et je lui ai répondu :  Eh bien pas moi !  »

De telles assignations identitaires ne sont pas sans consé­quences. Ils influencent les recom­man­dations de carrière et l’attribution des notes. La socio­logie de l’éducation parle ici de « l’effet d’origine » : une situation où les décisions des enseig­nant·es sont prises indépen­damment des per­formances réelles des élèves.

Certes, l’influence concrète des enseig­nant·es sur les recom­man­dations d’orientation varie selon les cantons. Cependant, les témoignages recueillis auprès des per­sonnes inter­rogées et des expert·es révèlent des expé­riences similaires à travers le pays : par exemple, le fait que les per­sonnes musul­manes ou perçues comme telles se voient souvent conseiller un appren­tis­sage, même lorsque leurs résultats leur permet­traient d’accéder au gymnase (lycée ou collège).

Dans les récits des per­sonnes concernées, on retrouve souvent « cet·te enseig­nant·e » dont dépendait large­ment leur parcours scolaire. Cette per­sonne a, selon les cas, soutenu leur ascension scolaire ou bien tenté de l’entraver. Une per­sonne inter­rogée raconte qu’un·e enseig­nant·e lui a dit : « Si je veux, je peux te mettre une mauvaise note à l’oral, et alors tu ne réussiras pas. »

Cela rejoint les conclu­sions de diverses études qui démontrent que l’idéal d’égalité des chances n’est pas pleine­ment réalisé dans le système éducatif suisse. Les opportunités de formation restent sociale­ment inégale­ment réparties et dépendent encore de critères étrangers à la per­formance, comme l’origine sociale, le contexte migratoire ou le genre. Le racisme entre égale­ment en ligne de compte.

Les enseignant·es attribuent égale­ment fréquemment aux élèves musul­man·es des carac­té­ris­tiques immuables et ancrées « dans leur culture » – alimen­tant ainsi l’idée que « l’islam » et les per­sonnes musul­manes seraient arriérés, patriar­caux et anti­démocratiques.

Lou, une jeune musul­mane, nous a raconté comment un·e enseig­nante a réagi lorsqu’elle est arrivée pour la première fois au gym­nase avec un voile. L’enseig­nant·e a demandé à Lou de sortir, puis, devant la porte, lui a dit : « Je voulais juste te dire : tu n’arriveras à rien comme ça dans la vie. Je ne sais pas ce que ton père t’a dit, mais peut-être que tu pourras y réfléchir un peu (au sujet du voile) ».

Nous ne connaissons bien sûr pas les inten­tions exactes derrière ce propos. L’enseig­nant·e a peut-être voulu suggérer que Lou compromettait sa réussite future dans son par­cours scolaire et profes­sionnel en portant le voile. Ou alors, il ou elle craignait que Lou soit discriminée à cause de celui-ci et qu’elle ne réussisse pas.

La première explication reflète plutôt des stéréo­types individuels, tandis que la seconde fait porter sur l’individu la res­pon­sa­bilité d’une dis­cri­mi­nation structurelle. Dans les deux cas, cependant, la remarque est dis­cri­mi­natoire : en supposant que la décision de Lou ait été influencée par son père, l’enseig­nant·e alimente le stéréo­type de rapports familiaux et de genre patriar­caux.

Racisme antimusulman sur le lieu de travail

Sur le marché du travail égale­ment, les per­sonnes concernées témoignent de racisme anti­musulman. Là encore, ce racisme a des consé­quences profondes : à commencer par la difficulté même de trouver un emploi, lorsque des dis­cri­mi­nations injustifiées sur­viennent lors du processus de recrute­ment. Il peut se manifester sous forme de harcèle­ment au travail (mobbing), de dis­cri­mi­nation salariale ou de licenciements dis­cri­mi­natoires.

Les femmes portant le voile sont particulière­ment exposées à des dis­cri­mi­nations lors du processus de recrute­ment. En 2020, Nathalie Gasser, de la Haute école pédago­gique de Berne, a ainsi démontré qu’en Suisse, même avec d’excellents certificats, il reste difficile pour les femmes portant le voile de décrocher une place d’appren­tissage.

On retrouve le même schéma bien au-delà des places d’ap­pren­tis­sages. Certaines pharmacies, hôpitaux et même certains magasins – comme l’a révélé un cas rendu public chez Coop – stipulent dans leurs contrats de travail que les employées ne doivent pas porter le voile. Le canton de Genève connaît même, avec sa loi sur la laïcité, une inter­diction du voile pour les employées de l’Etat. Lorsque les femmes portant le voile ne par­vien­nent pas à trouver un emploi en Suisse, il arrive appa­rem­ment fré­quem­ment que les offices régionaux de place­ment (ORP) leur conseillent de postuler sans photo ou même sans voile. C’est ce qu’a rapporté une personne inter­rogée, mais c’est aussi ce que montre un article du journal du syndicat UNIA, publié le 16 juin 2023.

Ce sont des exemples parlants de dis­cri­mi­nation inter­sectionnelle. L’inter­sectionnalité signifie que différentes formes de dis­cri­mi­nation se recoupent et inter­agissent. Le voile articule deux carac­té­ristiques : le fait d’être une femme et d’être musul­mane. L’imbri­cation de ces deux carac­tér­istiques entraîne d’autres formes de dis­cri­mi­nation. En effet, seules les femmes musul­manes sont concernées par l’inter­diction du voile.

Les stéréotypes et les dis­cri­mi­nations se produisent égale­ment sur le lieu de travail. Ainsi, une per­sonne concernée travaillant dans le secteur de la santé s’est vu demander par un patient s’il utilisait égale­ment des couverts dans son pays d’origine. De telles questions peuvent sembler innocentes à première vue. Pour­tant, de nombreuses personnes concernées se sentent déva­lorisées par ce processus de othering (construction de l’altérité) : « Cette question du  vous  et du  nous  revient toujours à dire :  Tu n’es pas des nôtres  », dit une personne inter­rogée.

Une personne portant le voile a été victime de dis­cri­mi­nation sur son ancien lieu de travail. Face à cette situation, elle a décidé d’engager une procé dure pour harcèle­ment (mobbing) et de démissionner. Elle raconte : « Ils m’ont dit très franchement :  Tu es compé­tente, c’est tout . Ils voulaient dire que je maîtrise bien la langue, que je suis bonne dans mon domaine.  Si ce n’était pas le cas, tu n’aurais rien à faire ici en tant que per­sonne d’origine musul­mane  ».

Racisme antimusulman dans le domaine de la santé

Dans le secteur de la santé, de nombreuses per­sonnes concernées per­çoivent les expé­riences de dis­cri­mi­nation comme particulière­ment graves. En tant que patient·e, que ce soit chez un·e médecin ou à l’hôpital, on se trouve dans une situation de vulné­rabilité accrue par rapport à d’autres contextes. En effet, on est dépendant de l’évaluation et des recom­man­dations des médecins. Or, ce qui est en jeu est fondamental : sa propre santé. Cela peut inten­sifier le vécu de la dis­cri­mi­nation.

Les médecins et les psycho­logues attribuent souvent aux femmes musul­manes la virgi­nité ou des structures familiales patriar­cales. Lorsqu’une femme musul­mane exprime, par exemple, des troubles gynéco­logiques, les profes­sionnel·les de la santé les attribuent parfois à une appar­tenance à l’ « islam ». C’est le cas, par exemple, lorsque le vaginisme – à savoir, la cris­pation et la contraction du plancher pelvien et de la muscu­lature vaginale – est associé à des conceptions prétendu­ment conser­vatrices de la sexualité.

Cela peut entraîner une prise en charge insuf­fisante : les médecins risquent de ne pas prendre au sérieux les plaintes des patientes, de ne pas rechercher les causes médicales sous-jacentes et, par con­séquent, de ne pas fournir le traite­ment médical nécessaire.

Le système de santé suisse est égale­ment marqué par des stéréo­types liés à la per­cep­tion de la douleur, similaires à ceux observés aux États-Unis chez les per­sonnes noires. Des études montrent que les médecins leur attribuent souvent une sensi­bilité à la douleur plus marquée, ce qui conduit à une prise en charge insuf­fisante de leurs douleurs.

Une personne concernée nous a confié : « Dans l’accès aux soins, il faut des fois se battre un peu. Parce que typique­ment, il y a des préjugés comme quoi les femmes musul­manes se plaindraient plus au niveau des douleurs, des choses comme ça. Il y a un an et demi, j’ai fait une appendicite. Et je devais me battre pour avoir de la morphine et tout à coup je pars au scanner et là, ils voient que ça ne va pas du tout, et là, c’est eux qui sont toutes les deux minutes en train de me donner de la morphine. »

Réfléchir aux structures, élargir les con­nais­sances et créer des espaces protégés

Les discriminations racistes dans les domaines de l’éducation, du travail et de la santé, mais aussi des admi­nis­trations et de la police, ne sont pas des cas isolés. Elles témoignent du carac­tère systémique du racisme anti­musulman dans des domaines centraux de la vie quoti­dienne.

Les établissements éducatifs, les employeurs et employeuses, le domaine de la santé et les institu­tions publiques ont donc une respon­sabilité particulière : celle d’inter­roger leurs propres structures au regard du racisme anti­musulman. Dans ces espaces en particulier, il est important que les membres de ces institu­tions appro­fon­dissent leurs con­nais­sances sur le racisme et prennent cons­cience de leurs propres impli­cations dans des formes de dis­cri­mi nation structurelles et inter­sectionnelles.

Pour cela, les institutions publiques comme privées devraient développer des offres de forma­tions critiques vis-à-vis du racisme et les intégrer durable­ment dans leur quoti­dien. En plus de mesures préventives, il est nécessaire de développer des stratégies d’identi­fication et d’inter­vention. Pour les per­sonnes concernées, il est crucial de se sentir en sécurité afin de pouvoir exprimer libre­ment leurs expé­riences, leurs incerti­tudes et leurs besoins. Les jeunes, en particulier, ont besoin d’« espaces protégés » : des lieux où ils et elles peuvent s’exprimer et s’épanouir face à la polari­sation croissante des débats publics.

Cet article est traduit de sa version originale en allemand.

Étude

L’étude complète est disponible ci-dessous : Trucco, Noemi, Dehbi, Asmaa, Dziri, Amir et Hansjörg Schmid (2025). Racisme antimusulman en Suisse : étude de référence. SZIG/CSIS-Studies 13. Fribourg : Centre Suisse Islam et Société.

Bio

Asmaa Dehbi a étudié les sciences de l’éducation ainsi que le programme « Islam et société » aux universités de Zurich et de Fribourg. Elle est doctorante et assistante scientifique au Centre Suisse Islam et Société (CSIS) de l’Université de Fribourg. Ses travaux portent sur le travail social dans les sociétés traversées par les migrations, la professionnalité socio-pédagogique et le racisme anti­musulman.

Noemi Trucco sa étudié la sociologie et les études du Moyen-Orient (Middle Eastern studies) aux universités de Berne et de Fribourg. Elle a obtenu un doctorat en sociologie sur la subjectivation des imams et est chercheuse associée au Centre Suisse Islam et Société (CSIS) de l’Université de Fribourg. Ses recherches portent sur la sociologie de la connaissance, l’analyse du discours et l’étude des processus de subjectivation. Dans son travail, elle s’intéresse aux musul­man·es et à l’islam en Europe, aux processus d’altérisation (Othering) et d’exclusion, à l’apatridie, aux conflits sociaux et aux inégalités sociales.

Littérature complémentaire

  • Bundesamt für Statistik (2020). Religiöse und spirituelle Praktiken und Glaubensformen in der Schweiz. Erste Ergebnisse der Erhebung zur Sprache, Religion und Kultur 2019. Neuchâtel: BFS.
  • Ettinger, Patrik (2018). Qualität der Berichterstattung über Muslime in der Schweiz. Bern: Eidgenössische Kommission gegen Rassismus EKR.
  • Gasser, Nathalie (2020). Islam, Gender, Intersektionalität. Bildungswege junger Frauen in der Schweiz. Bielefeld: transcript.
  • humanrights.ch und EKR (2024). Rassismusvorfälle aus der Beratungsarbeit 2023. Bericht zu rassistischer Diskriminierung in der Schweiz auf der Grundlage des Dokumentations-Systems Rassismus DoSyRa. Bern: humanrights.ch und EKR. https://www.network-racism.ch/rassismusberichte/rassismusvorfalle-in-der-beratungpraxis-2023