« Forger un nouveau code : Sir Josuha Reynolds et le goût de l’ambiguïté »
Jan Blanc, Genève
Abstract
Si Joshua Reynolds est considéré comme l’un des portraitistes les plus importants du xviiie siècle, il est aussi l’un des plus atypiques. Au sein d’un œuvre pléthorique, rendu possible par un atelier remarquablement organisé et actif, de nombreux tableaux, plus personnels, et le plus souvent produits pour des commanditaires prestigieux ou les expositions publiques de la Royal Academy, se laissent difficilement décrire : certaines Vénus apparaissent comme les portraits déguisés de célébrités ou de modèles connus ; d’autres portraits prennent la forme de véritables tableaux d’histoire. Au cours de cette intervention, je propose de montrer que cette ambiguïté iconographique et formelle, loin d’être accidentelle, constitue l’un des enjeux essentiels d’une véritable réforme des pratiques artistiques et du goût, entamée par Reynolds à la fin des années 1750.
Bio-biblio
Professeur d’histoire de l’art de la période moderne (XVIe-XVIIIe siècles) à l’Université de Genève. Domaines de recherche: art flamand et hollandais du XVIIe siècle, art britannique du XVIIIe siècle, théorie de l’art. Publications récentes: Dans l’atelier de Rembrandt. Le maître et ses élèves, Paris 2006, Peindre et penser la peinture au XVIIe siècle. La théorie de l’art de Samuel van Hoogstraten, Genève 2008, « ‹ Tot voorstant van de Republijk ›. La ‹ République des peintres › de Samuel van Hoogstraten (1627-1678) », in: M.-C. Heck (éd.), L’Histoire de l’histoire de l’art septentrional au XVIIe siècle, Turnhout 2010