Archiviste

Anne Andenmatten25. September 2026

Fiche de présentation

  • Nom: Anne Andenmatten
  • Âge: 40 ans
  • Études: Philologie classique en première branche, histoire antique et médiévale en seconde branche, Université de Fribourg, 2005–2010.
  • Doctorat: Les Emblèmes d’André Alciat: introduction, texte latin, traduction et commentaire d’un choix d’emblèmes sur les animaux. Université de Fribourg, 2010–2016.
  • Seconde formation en cours d’emploi: MAS-Alis (master en sciences de l’information, bibliothéconomie et archives).
  • Poste actuel: Archiviste de la Bourgeoisie de Sion, auprès des Archives de l’Etat du Valais; archiviste de l’Abbaye de Saint-Maurice; archiviste du Diocèse de Sion.
  • Adresse e-mail pour me contacter: anne.andenmatten@bourgeoisie-de-sion.ch; anne.andenmatten@stmaurice.ch; anne.andenmatten@cath-vs.org

Pourquoi avez-vous choisi de suivre des études en sciences de l’Antiquité? Ce choix était-il motivé par une profession particulière?

Après mes cinq années de collège en Valais, où j’avais suivi l’option spécifique latin et le grec comme troisième langue, j’ai souhaité poursuivre mes études dans le domaine de la philologie classique. Ce choix était motivé uniquement par ma passion pour les langues anciennes et mon intérêt pour la traduction, sans songer aux éventuels débouchés professionnels. J’avais le projet, dans un coin de ma tête, de devenir professeur de latin et de grec au secondaire II, afin de transmettre ma passion pour les langues anciennes.

Quel a été votre parcours professionnel après le doctorat et quelle fonction occupez-vous aujourd’hui?

Après ma thèse de doctorat, comme j’étais maman de deux enfants, j’ai renoncé à entreprendre une carrière académique. Comme j’avais un diplôme pour l’enseignement au secondaire II, j’ai postulé dans plusieurs collèges en Suisse romande, sans succès.

Durant mes années de collège et ma première année d’université, j’avais effectué des stages estivaux aux Archives de l’Etat du Valais. Ce travail m’avait beaucoup plu et le directeur des archives m’avait encouragée à persévérer dans les archives. Il avait sans doute perçu que j’avais les compétences et le goût pour le métier. Des années après, j’ai donc suivi son conseil. Mon offre d’emploi spontanée comme mandataire auprès des Archives de l’Etat du Valais a été acceptée d’emblée, quelques mois après la publication de ma thèse. On m’a confié le traitement de fonds anciens privés, en latin, du Moyen Âge et de l’Ancien Régime, allant du XIIIe au début du XXe siècle. Presque quotidiennement j’ai déchiffré, lu et synthétisé dans mes analyses des milliers de documents d’archives, parchemins, registres. Et c’est toujours ma principale tâche. La passion m’a très vite gagnée et j’ai donc entrepris la formation du MAS-Alis, bilingue et en cours d’emploi, sur deux années, la seule formation en Suisse spécifique aux archives. En 2020, j’ai ainsi obtenu ce master quelques mois après avoir été engagée comme archiviste de la Bourgeoisie de Sion. J’ai également continué à exercer des mandats pour les Archives de l’Etat du Valais, en parallèle. Trois ans plus tard, j’ai postulé auprès de l’Abbaye de Saint-Maurice et ai été engagée comme archiviste. Plus tard, le Diocèse de Sion m’a contactée pour reprendre le poste d’archiviste. A présent, j’exerce le métier d’archiviste à 100% dans ces trois institutions.

Je continue cependant à mener, pour le plaisir, des projets de recherche et d’édition de textes, en particulier d’humanistes suisses et valaisans, mais aussi des projets communs avec des ami·e·s et collègues dans le domaine de la littérature latine de la Renaissance et de l’histoire médiévale valaisanne.

Comment mettez-vous en pratique dans votre quotidien professionnel les compétences acquises à l’université?

La connaissance du latin (même classique et humaniste) acquise à l’université, les cours de paléographie suivis dans le cursus d’histoire médiévale et les cours généraux d’histoire médiévale m’ont permis d’avoir une solide base pour débuter dans les archives. En effet, en Valais, de très nombreux documents d’archives sont rédigés en latin (le latin y est en effet largement utilisé jusqu’à l’extrême fin du XVIIIe s., ce qui représente une importante masse de documents en latin). Ces deux compétences sont indispensables pour analyser les documents et rédiger des inventaires. En revanche, je n’ai plus eu l’occasion de pratiquer le grec ancien. J’ai complété cette base par des connaissances plus spécifiques sur l’histoire valaisanne, la diplomatique et le droit, grâce à des collègues plus expérimentés.

Que recommandez-vous aux doctorants en sciences de l’Antiquité en matière de recherche d’emploi?

Le plus important est de suivre sa passion, sans penser exclusivement aux débouchés professionnels et faire des calculs de rentabilité. Les connaissances et les compétences sont l’élément fondamental, mais il faut aussi entretenir un bon réseau. Le réseau offre une aide précieuse lors de la recherche d’emploi. Et pour tisser un réseau, il est utile de faire partie d’association comme l’ASEA!

Qu’appréciez-vous particulièrement à l’ASEA?

Ayant quitté le milieu académique, l’ASEA me permet de garder des contacts amicaux, de maintenir un réseau à travers la Suisse et de me tenir au courant des «innovations».