Margrit Tröhler, Zürich
Abstract
L’image filmique de la nature fascine dès le début du cinéma par sa proximité et sa ressemblance avec le monde matériel de même que par les vues des paysages dans lesquelles s’inscrivent et le regard subjectif et les possibilités magnifiantes du nouveau medium. Les films comme les écrits sur le cinéma témoignent d’une conception du paysage proche de celle de Georg Simmel. Oscillant entre fenêtre et cadre, l’image cinématographique du paysage fonctionne donc aussi comme l’objet ambigu de Paul Valéry, entre la chose et l’artefact, affectant la pensée et le sentiment. Or, par son caractère haptique de seconde peau, elle recrée le monde et modifie la relation des hommes aux choses. Ainsi le cinéma‚ « machine intelligente et subjective » selon Jean Epstein, propose au sujet moderne une réconciliation sceptique (et donc ambiguë) avec la nature en tant que paysage.
Bio-Biblio
Professeure à l’Institut des études cinématographiques de l’Université de Zurich depuis 2003. Domaines de recherche: films à la lisière entre fiction et documentaire, questions de réception cinématographique, histoire des théories du cinéma, avant tout sur les conceptions du réalisme cinématographique et sur le statut des objets dans les théories et dans les films des années 1920 en Allemagne et en France. Publications récentes: Offene Welten ohne Helden. Plurale Figurenkonstellationen im Film, Marburg 2007; avec I. Schenk/Y. Zimmermann (dir.), Kino – Film – Zuschauer. Filmrezeption / Film – Cinema – Spectator. Film Reception, Marburg 2010; « Realism. The Imaginary of Mediated Reality », in: F. Casetti/J. Ganes/V. Re (hg.), In The Very Beginning, At The Very End. On the History of Film Theories, Udine 2010.


