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mercredi 22. juin 2016

Appel à contributions pour TSANTSA, Dossier n°24/2019: Processus decoloniaux dans le monde universitaire et les institutions culturelles Suisses.

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Appel à contributions pour TSANTSA, Dossier n°24/2019
dirigé par Fiona Siegenthaler et Marie-laure Allain Bonilla

PROCESSUS DECOLONIAUX DANS LE MONDE UNIVERSITAIRE ET LES INSTITUTIONS CULTURELLES SUISSES : APPROCHES EMPIRIQUES ET THEORIQUES

Parce qu’elle n’a jamais été une puissance coloniale, il existe un postulat commun dans le discours public – et même tacite dans quelques champs universitaires – selon lequel le colonialisme ne concerne pas la Suisse et qu’en conséquence il n’est nul besoin d’examiner son héritage colonial (voir par exemple Purtschert 2012). Ainsi, la décolonisation y est généralement perçue comme un moment historique et politique impliquant seulement les empires et leurs colonies et qui s’acheva avec l’indépendance territoriale de ces dernières. Cependant, la décolonisation va au-delà de ces événements historiques et entraîne une critique fondamentale des épistémologies provenant d’idéologies eurocentrées et colonialistes, comme l’ont montré des chercheurs tels que Chandra Talpade Mohanty (2003), Linda Tuhiwai Smith (2003), Ramón Grosfoguel (2007) ou Walter Mignolo (Mignolo/Escobar 2010).

La Suisse, avec ses puissantes institutions de production du savoir, commence seulement à considérer l’étendue de cet appel à décoloniser. Récemment, quelques projets de recherches, conférences et discussions publiques se sont intéressés au sujet et ont entamé une analyse de la pertinence, de la faisabilité et des difficultés d’une approche décoloniale des archives, des collections et des systèmes éducatifs supérieurs. Cet élan nous invite à reconsidérer les liens, les marchés et les réseaux de pouvoirs globaux qui ont rendu possibles la constitution de collections, ethnographiques ou autres. Il révèle aussi la participation contemporaine des institutions suisses aux tendances de recherche, aux discours et aux économies culturelles dans le monde.

La décolonisation reste un défi au sein du monde universitaire suisse ainsi que dans les institutions culturelles et éducatives. Que signifie exactement la décolonisation et comment s’applique-t-elle aux façons dont le savoir est préservé et généré dans les musées, les archives et les universités ? Cette question concerne aussi bien des problématiques théoriques qu’empiriques. D’une part, elle souligne le besoin d’un engagement plus profond et critique avec les différents concepts et théories de la décolonisation et leur pertinence pour le contexte suisse. Qu’est-ce qui a besoin d’être décolonisé exactement ? Qu’est-ce que cela signifierait pour des institutions et leurs publics ? Comment les théories décoloniales internationales peuvent-elles soutenir ce processus et de quelles manières les spécificités suisses sont-elles prises en considération ? D’autre part, elle interroge la façon dont un tel processus peut se dérouler en pratique et quelles sont les implications pour la structure, l’organisation, les politiques de l’emploi, les programmes éducatifs, le financement, les politiques culturelles et même la raison d’être des institutions éducatives et culturelles. De quelle façon les conservateurs, les artistes, les archivistes et les universitaires répondent en pratique à cette demande d’une épistémologie plurielle ? Est-ce que des institutions comme les musées ou les universités peuvent devenir des plateformes pour interroger ou même modifier nos fondements épistémologiques, et comment ?

Cet appel à contributions pour le dossier Tsantsa Processus décoloniaux dans le monde universitaire et les institutions culturelles suisses : approches empiriques et théoriques invite les contributions d’universitaires et de professionnel.le.s de disciplines comme l’anthropologie sociale, les études culturelles, l’histoire de l’art, la muséologie, la recherche artistique et l’histoire, qui réfléchissent de façon critique au rôle que les institutions suisses peuvent jouer dans ces discours et processus décoloniaux. Les perspectives fondées sur l’expérience dans des contextes de recherche et/ou professionnels tant suisses qu’internationaux sont particulièrement les bienvenues.

Merci d’envoyer les résumés (max. 2’000 signes) à fiona.siegenthaler@unibas.ch, m.allainbonilla@unibas.ch

Date limite : 15.12.17. Les auteurs des résumés sélectionnés devront envoyer les articles d’ici le 1.6.18. Une fois acceptés après le processus de peer-review, les versions finales seront à rendre jusqu’au 15.11.18 pour une publication au printemps 2019.

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